Elle a 17 ans.

Elle vit seule avec un père qui semble absent.
Il y a bien ses copines du LEP, mais ça ne se passe pas bien.
Elle ne supporte pas le mensonge.
Elle ne supporte pas qu’on l’insulte.
Si on l’insulte, elle est capable d’une violence inouïe.

C’est ce qui se produit un soir où tout s’embrase.

Les pétroleuses n’attirent pas la compassion par chez nous, ni hier, ni aujourd’hui.
On les retire du monde.
C’est plus simple.
Deux séjours dans un service psychiatrique, « et y a rien de plus à dire ».

Quoi que.

Dans le centre fermé où elle est assignée, elle rencontre Tristan.
Il ne va pas très bien lui non plus.
Lui, son truc, c’est l’eau.

Chacun sa méthode.

Un lien de fraternité indéfectible se crée entre eux deux, et une dépendance aussi, une sorte d’ équilibre de particules instables, d’addition d’identités remarquables.

Elle y rencontre aussi Ludivine, une éducatrice pas comme les autres qui l’emmène sur des territoires inconnus, et lui permet finalement de créer un ordre dans son désordre intérieur.

Et puis ce paysage hurlant se dénoue quelque part entre La Ciotat et Cassis, au bord d’une calanque.

C’est, au final, l’histoire d’une réparation, d’une épiphanie par la rencontre avec l’autre et la rencontre avec l’art.

Après deux créations successives mobilisant un plateau très important, Wannsee Kabaré, puis Cortège(s), m’est apparue, comme une nécessité organique, la volonté de m’attacher à une parole singulière, dans toutes les acceptions du terme.

Et y a rien de plus à dire, texte lauréat de l’association Beaumarchais-SACD, que j’ai achevé en résidence d’écriture à la Chartreuse-CNES, donne la parole à une jeune fille en rupture, semblable à celles que je côtoyais, dans une vie antérieure, alors enseignant dans un LEP aux confins de l’Alsace du Nord. Une identité sulfureuse, entière.
De celles que l’on n’écoute pas.

Ou peu.

Ou mal.

L’incarnation d’une certaine jeunesse, loin d’un stéréotype de banlieue, mais pour qui, malgré tout, il n’y a pas de place, parce qu’elle ne rentre pas dans les cadres pré-formatés. Une parole comme s’il n’y avait jamais assez de temps pour dire, dans l’urgence du moment, dans sa radicalité, dans le refus absolu du mensonge et de l’insulte.

J’ai tenté de trouver une langue singulière, pudique je crois, intense, je l’espère, qui ne soit pas le cliché d’un parole adolescente mais qui travaille les accidents de la syntaxe comme des échos aux accidents de la vie, dans un cheminement d’écriture mobilisant un énergie considérable.

Nous souhaitons délivrer cette parole dans un dispositif scénique permettant de jouer dans des lieux non équipés, au plus près de celles et ceux qui écoutent et regardent, espérant toucher par cette proximité, par cette forme d’intimité sincère qui nous semble être juste au regard du propos.

Le spectacle sera créé avec le soutien du Relais culturel de Haguenau dans un dispositif hors les murs. En effet, nous bénéficierons d’une résidence de création au sein même du lycée Schuman de Haguenau pour cette création.

J’ai voulu confier ce texte à une comédienne d’une trentaine d’années, n’ayant donc pas l’âge du personnage, afin de créer une distance, avec pudeur, avec délicatesse, favorisant l‘écoute de ce que ce personnage, cette identité, a à dire.

C’est au hasard d’une résidence d’écriture à Cracovie que je rencontrais Suzanne Emond, comédienne exerçant entre Bruxelles et Berlin, sa ville d’adoption. Sa recherche en tant que comédienne, son cheminement de vie, nos échanges ont fait que m’est apparu, comme une évidence, qu’elle serait l’interprète de ce texte lors de la création.

Texte

Thierry Simon

Mise en scène

Thierry Simon, Sylvie Bazin

Espace sonore

Jérôme Rivelaygue

Scénographie

Antonin Bouvret

Création lumière

Christophe Mahon

Dessin

Bruno Lavelle

Administration

Côté Zen

Relations presse, diffusion

Mélanie Simon-Franza

Avec, en alternance

Suzanne Emond

Joséphine Hazard

Production Cie La Lunette-Théâtre
Coproduction Relais culturel de Haguenau

Texte lauréat de l’Aide à l’écriture et à la mise en scène de l’association Beaumarchais–SACD
Texte lauréat de l’Aide à la création des textes dramatiques-ARTCENA
Avec le soutien de la Chartreuse-Centre national des écritures du spectacle, du CREA de Kingersheim, de l’Espace Rohan de Saverne, de la Drac Grand Est, de la Région Grand Est, la ville de Strasbourg, de l’association Beaumarchais-SACD, de la Spedidam

Ce spectacle fait partie de la sélection Grand Est en Avignon 2021

Texte aux éditions Lansman

Saison 2021 – 2022

13 février 2020 - 18h30
Théâtre Le Public (lecture)
Bruxelles, Belgique
6 janvier 2021 - 10h
Espace Rohan (hors les murs)
Saverne
7 janvier 2021 - 10h
Espace Rohan (hors les murs)
Saverne
7 janvier 2021 - 14h15
Espace Rohan (hors les murs)
Saverne
8 janvier 2021 - 16h
Espace Rohan (hors les murs)
Saverne
12 janvier 2021 - 14h
Relais culturel (hors les murs)
Haguenau
13 janvier 2021 - 10h
Relais culturel (hors les murs)
Haguenau
13 janvier 2021 - 14h
Relais culturel (hors les murs)
Haguenau
14 janvier 2021 - 13h30
Schiltigheim Culture (hors les murs)
Schiltigheim
4 février 2021 - 17h
Festival international Momix
Kingersheim
18 mars 2021 - 20h30
TAPS - Festival des Actuelles (lecture)
Strasbourg
25 juin 2021 - 17H et 21H
Le Diapason
Vendenheim / Réservations: 03 88 59 45 50
2 juillet 2021 - 21H
Cour des Boecklin - Bischheim / Réservations: 03 88 81 49 47 ou courdesboecklin@ville-bischheim.fr
Bischheim
10 juillet 2021 - 29 juillet 2021 - 11H
Avignon Off - Le 11-Gilgamesh-Belleville
Avignon
18 janvier 2022 - 20h30
TAPS - Laiterie
Strasbourg
19 janvier 2022 - 20h30
TAPS - Laiterie
Strasbourg
20 janvier 2022 - 19h
TAPS - Laiterie
Strasbourg
21 janvier 2022 - 20h30
TAPS - Laiterie
Strasbourg
22 janvier 2022 - 19h
TAPS - Laiterie
Strasbourg
24 février 2022 - 18h
Espace Bernard-Marie Koltès
Metz
25 février 2022 - 14H et 20H30
Espace Bernard-Marie Koltès
Metz

Saison 2022 – 2023

10 au 14 octobre 2022
Halle au blé et Communauté de communes du Sundgau
Altkirch
14 au 18 novembre 2022
Bischheim